
Chermann, codécouvreur du virus du sida, dénonce une tentative de spoliation
Le codécouvreur du virus du sida Jean-Claude Chermann a dénoncé une tentative de spoliation de la part de ses associés suisses, contre lesquels il a déposé plainte mi-juin, a-t-on appris mercredi auprès du chercheur et du parquet de Marseille.E-llico.com / Actus
Chermann, codécouvreur du virus du sida, dénonce une tentative de spoliation
Mis en ligne le 08/07/2010
Tags
Sur le même sujet

l'oublié du Nobel 2008 de médecine se raconte dans un livre d'entretiens
Jean-Claude Chermann, 73 ans, qui travaille depuis plus de 20 ans à la recherche d'un vaccin contre le sida, avait créé en 2001 la société Urrma R&D, pour faire de la recherche sur un brevet qu'il avait déposé, a-t-il raconté à l'AFP. En 2005, des investisseurs suisses investissaient dans sa société, décidant, avec son accord, de créer une maison mère à Bâle, Urrma AG.
"On a très bien travaillé ensemble jusqu'en novembre 2009", date à laquelle lors d'un conseil d'administration, il a été accusé de fraude scientifique.
"Comme ils ont constaté que j'étais inattaquable sur le plan de la science, ils m'ont accusé d'abus de biens sociaux", a ajouté Jean-Claude Chermann, soulignant que Urrma AG lui avait coupé les vivres en janvier.
Les relations se sont encore dégradées et début juin, Jean-Claude Chermann a été mis à la retraite d'office. Un huissier, accompagné de policiers, est venu mettre des scellés sur son laboratoire, basé à Aubagne, près de Marseille, lui en interdisant désormais l'entrée, a-t-il expliqué, confirmant une information de France Info.
"Toute ma collection de sérums, mes dossiers médicaux très secrets s'y trouvent. Je n'ai plus d'ordinateur, ni agenda, ni répertoire téléphonique", a-t-il déploré.
"On va opposer un démenti formel à ces accusations, l'information est tronquée", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Urrma AG, Me Michel Mall, précisant qu'un communiqué "clarifiera la position" de la société jeudi.
Jean-Claude Chermann accuse ses ex-associés de vouloir s'approprier ses recherches: "On veut me spolier, et la France aussi car j'ai un contrat de licence avec l'Inserm" (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
Pour son avocat Me Olivier Quesneau, ses recherches suscitent la convoitise car "des sommes potentiellement énormes" sont en jeu en cas de commercialisation du vaccin qu'il prépare.
Une plainte, notamment pour abus de confiance et escroquerie, a été déposée mi-juin auprès du parquet de Marseille. "Une enquête va être ouverte", a indiqué le procureur de la République de cette ville, Jacques Dallest.
Dans le même temps, la société suisse s'est opposée à la procédure de redressement judiciaire de Urrma R&D, ouverte le 9 juin par Jean-Claude Chermann. "Elle a été engagée à sa seule initiative et à l'insu total de l'actionnaire unique, Urrma AG, alors que l'état de cessation de paiement n'était pas avéré", a déclaré Me Mall.
Une audience se tenait mercredi matin devant le tribunal de commerce de Marseille, qui a mis la décision en délibéré au 7 juillet, selon Me Quesneau.
Mis en ligne le 01/07/2010
Réagissez
Commentaires
Les commentaires ne sont pas ouverts pour cet article.











