Passe d'armes entre associations et professionnels autour des soins funéraires aux séropositifs - Discrimination

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Passe d'armes entre associations et professionnels autour des soins funéraires aux séropositifs

Vingt associations de lutte contre le sida ont dénoncé mardi une pétition lancée par le syndicat des thanatopracteurs contre l'autorisation des soins funéraires de conservation du corps pour les personnes séropositives décédées.

E-llico.com / Santé / VIH

Passe d'armes entre associations et professionnels autour des soins funéraires aux séropositifs
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Mis en ligne le 30/08/2017

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Soins funéraires Séropositifs

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"Cette pétition (...) n'a pour objet que d'entretenir des représentations erronées et stigmatisantes sur les personnes vivant avec le VIH ou une hépatite virale", écrivent ces associations, dont Act Up et Aides, dans une lettre ouverte au président du Syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS).

Les soins de conservation des corps (thanatopraxie), qui visent à retarder la décomposition, consistent notamment à injecter un produit antiseptique et conservateur à la place du sang.

Depuis 1986, ces soins étaient interdits aux personnes décédées séropositives et atteintes d'hépatites virales, par crainte de contamination.

Cette interdiction a été levée fin juillet par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ce que les associations réclamaient de longue date. La levée de l'interdiction prendra effet le 1er janvier 2018. Mais cette décision mécontente le Syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS), qui dit regrouper 158 thanatopracteurs sur 800 en exercice.

Le SPTIS a lancé le 21 août une pétition sur la plateforme change.org. "Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés", est-il écrit dans la pétition.

"Il est inconcevable que nous prenions un risque supplémentaire pour nous et notre famille", poursuit le texte, qui rassemblait 335 signataires mardi après-midi.

Les associations répliquent que le risque de contamination est nul dès lors que sont respectées des "précautions universelles" comme dans le cas de "gestes et soins invasifs" pratiqués par des chirurgiens sur des patients séropositifs.

En 2013, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration (IGA) estimait que la thanatopraxie concernait environ 200.000 des 545.000 personnes décédées en France.

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