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Le pape esquisse une prudente ouverture sur les unions civiles

Le pape François a estimé que l'Eglise devait examiner la question des unions civiles dans une interview au quotidien Corriere della Sera à quelques jours du premier anniversaire de son élection le 13 mars.

E-llico.com / Actus

Le pape esquisse une prudente ouverture sur les unions civiles
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Mis en ligne le 06/03/2014

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Le pape François a répliqué mercredi à un rapport très critique de l'ONU en défendant les efforts de l'Eglise contre la pédophilie, tout en montrant une ouverture pragmatique sur plusieurs sujets chauds de société comme le divorce, la contraception ou les unions civiles.

Dans une interview fleuve au quotidien Corriere della Sera, le pape est monté en première ligne sur la question de la pédophilie, affirmant que l'Eglise "est peut-être l'unique institution publique à avoir réagi avec transparence et responsabilité" à ce fléau. 

"Benoît XVI a ouvert une voie. L'Eglise sur cette voie a fait beaucoup (....) Personne n'a fait plus. Et pourtant l'Eglise est la seule à être attaquée", a-t-il argué.

L'association américaine d'anciennes victimes de prêtres pédophiles, SNAP, a aussitôt fustigé "une mentalité archaïque et défensive", reprochant à François de "n'avoir rien fait, littéralement rien" pour protéger les enfants.

Un rapport du comité de l'enfant de l'ONU, début février, reprochait au Vatican de n'avoir pas rendu obligatoire les dénonciations à la justice et de garder le secret sur les enquêtes ecclésiastiques.

Dans l'interview au Corriere, le pape est revenu sur plusieurs thèmes chauds de la famille, en premier lieu celui de l'accès des divorcés remariés à la communion. Il a souhaité que les synodes qu'il a convoqués fin 2014 et en 2015 engagent "une réflexion en profondeur" sur "la sérieuse crise" que traverse la famille, sans vouloir "résoudre chaque problème par la casuistique" (en s'appuyant sur des exemples particuliers). "C'est à la lumière d'une réflexion profonde que les situations particulières pourront être traitées sérieusement, également celles des divorcés", estime-t-il.

Le pape évoque aussi l'encyclique très controversée de Paul VI qui, en 1968, condamnait la contraception. François défend le pape italien qui a "eu le courage de s'opposer au néo-malthusianisme" mais rappelle que Paul VI "recommandait beaucoup de miséricorde, d'attention aux situations concrètes".

Sur le mariage, il réaffirme qu'"il est entre un homme et une femme", mais se montre prudent sur les unions civiles. Celles-ci sont "justifiées par les Etats laïcs pour régler des "aspects économiques": "il faut voir les différents cas et les évaluer dans leur variété".

"Nous devons examiner les différents cas et de les évaluer dans leur variété", affirme le pape qui se garde d'approuver le principe de l'union civile, mais admet que ces nouvelles réalités doivent être "examinées".

Sur la fin de vie, autre thème brûlant, le pape, fermement contre l'euthanasie, défend "les soins palliatifs" et critique l'acharnement thérapeutique: "la doctrine traditionnelle de l'Eglise affirme que personne n'est obligé de recourir à des moyens extraordinaires quand on sait qu'une vie est en phase terminale".

(Avec AFP)

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