
Ouganda / Loi homophobe
Des défenseurs des droits LGBT déposent un recours devant la Cour constitutionnelle
Des défenseurs des droits des homosexuels ont contesté mardi devant la plus haute Cour d'Ouganda la constitutionnalité de la récente loi durcissant la répression de l'homosexualité, qui a déclenché les critiques de l'Occident et le gel d'une partie de l'aide internationale au pays.
E-llico.com / Actus
Des défenseurs des droits LGBT déposent un recours devant la Cour constitutionnelle
Ouganda / Loi homophobe
Mis en ligne le 11/03/2014
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Ouganda Homophobie Yoweri Museveni
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Les requérants ont également demandé une interdiction permanente pour les médias de publier les identités d'homosexuels ou présumés homosexuels, après que le quotidien ougandais à scandale Red Pepper ait publié les noms de 200 personnalités présentées comme homosexuelles au lendemain de la promulgation de la loi.
"Je considère (cette loi) nocive, redondante, non nécessaire et non conforme à la Constitution", a expliqué le député Fox Odoi, l'un des neufs requérants - sept individus, parmi lesquels un ancien député, un professeur de droit et un journaliste, et deux coalitions d'organisations de défense des droits de l'Homme.
Selon les requérants, la loi viole plusieurs principes constitutionnels dont les droits à la dignité et à la vie privée, à ne pas être victime de discrimination et à ne pas être soumis des traitements cruels, inhumains ou dégradants.
"Cette loi est non seulement une tentative de l'exécutif et du Parlement de faire d'une minorité impopulaire un bouc émissaire à des fins politiques, mais nous pensons qu'elle viole également la loi suprême de notre pays", a déclaré le journaliste Andrew Mwenda, autre requérant.
Emmenés par la Coalition de la société civile sur les Droits de l'Homme et le Droit constitutionnel - qui regroupe 50 organisations ougandaises luttant contre les discriminations - les requérants ont dénoncé plusieurs cas de "violences et représailles" contre des homosexuels affichés ou présumés, depuis la promulgation de la loi.
Ils ont affirmé également que dix homosexuels ou présumés homosexuels avaient été arrêtés depuis et avoir enregistré trois cas d'expulsions de locataires.
Les relations homosexuelles sont depuis longtemps passible de la prison à perpétuité en Ouganda, mais cette nouvelle loi prohibe notamment en outre la "promotion" de l'homosexualité et exige de dénoncer quiconque affiche son homosexualité.
Adoptée à une large majorité, la loi est perçue comme une manoeuvre politique à l'approche de la présidentielle de 2016, à laquelle le président Museveni - au pouvoir depuis 1986 et chrétien évangélique à la piété affichée - envisage de se représenter, dans un pays où l'homophobie, relayée par les puissantes Eglises évangéliques, est largement répandue.
Le chef de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, a récemment estimé que cette législation visait à cacher les véritables problèmes du pays, tout en critiquant la mobilisation occidentale contre cette loi alors des droits humains "bien plus fondamentaux que le droit à l'orientation sexuelle" sont, selon lui, bafoués quotidiennement en Ouganda.
(Source AFP)