Newsletter e-llico ( recevez quotidiennement les actus par e-mail ) :
Flux RSS Twitter Facebook
Publicité
Les crèches reproduisent les stéréotypes de genre - Etude

Etude

Les crèches reproduisent les stéréotypes de genre

Les garçons sont "des p'tits durs" encouragés à bouger, tandis que les petites filles sont qualifiées de "princesses" qu'on incite à rester calme: dans les crèches en France les stéréotypes de genre persistent, constatent des chercheurs.

E-llico.com / Actus

Les crèches reproduisent les stéréotypes de genre
Etude

Mis en ligne le 02/12/2019

Tags

Genre Crèches

Bien qu'ils assurent être "neutres", les professionnels de la petite enfance favorisent malgré eux la reproduction des rôles sexués véhiculés par la société, ont estimé plusieurs experts, réunis à Marseille lors d'un colloque organisé par le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (Cidff).

Dès l'accueil de l'enfant le matin, les clichés fusent: "On complimente une petite fille sur sa robe, sa coiffure; on valorise le petit garçon sur son énergie", remarque Sophie Odena, sociologue au Laboratoire d'économie et de sociologie du travail de l'Université d'Aix-Marseille.

Son équipe a passé 18 mois en immersion dans des crèches dans plusieurs régions françaises.

Lors des activités physiques, note la sociologue, "on juge l'esthétique chez les filles, la performance chez les garçons". De ce souci esthétique découle l'apprentissage de la pudeur, qui va jusqu'à entraver l'autonomie du corps. Sophie Odena remarque: "on corrige la position des petites filles pour qu'elles ne montrent pas leur culotte".

En 2012, l'inspection générale des affaires sociales (Igas) déplorait même une "répression du mouvement chez les filles", notant qu'elles étaient "moins stimulées, moins encouragées dans les activités collectives".

De leur côté, les garçons sont moins habitués à discuter de leurs états émotionnels avec les puéricultrices: "La seule émotion davantage tolérée chez les garçons est la colère", selon l'Igas.

Cette colère, est elle interdite aux filles, "coincées dans le stéréotype des pleurs et de la parole, et à qui on ne permet pas d'utiliser leur corps pour 'sortir' leur émotion", note Virginie Limousin, psycho-praticienne.

Peu d'hommes dans les crèches 

Les stéréotypes, assurent les chercheurs, sont aussi omniprésents dans les relations entre parents et professionnels de la petite enfance.

Ces derniers font porter la charge parentale quasi-exclusivement sur la mère, qui est l'interlocuteur privilégié et qu'on appelle en priorité en cas de maladie. "Quand c'est le père qui se présente à la crèche, on lui 'transmet des messages' pour sa femme", note Mme Odena.

"Dans les quartiers populaires, de plus en plus de familles sont monoparentales, donc forcément la mère fait tout, remarque Clarisse Bachelart, directrice d'une crèche associative à Marseille.

Comment expliquer cette reproduction involontaire des stéréotypes sexués?

L'Igas pointe du doigt la quasi-absence de formation des professionnels de la petite enfance sur ce sujet, mais aussi le manque d'hommes dans ces métiers. Le taux moyen de masculinisation se situe entre à peine 1,3% et 1,5% dans le secteur de l’accueil et de l'éducation des jeunes enfants, selon un rapport ministériel de 2014.

Artur Karzelek, responsable d'une crèche associative à Strasbourg où travaillent deux hommes, témoigne pourtant de l'apport de la mixité: "Cela donne un autre exemple aux enfants, qui voient qu'un homme s'occupe aussi bien d'eux". Le rapport avec les pères, note-t-il, "est plus facile: ils se sentent en confiance pour nous parler".

Des pères plus impliqués, davantage d'hommes dans la profession et mieux formés à cette problématique: autant de pistes pour contribuer à l'égalité entre filles et garçons dès le plus jeune âge.

L'Igas propose d'aller plus loin, envisageant des temps non-mixtes dans les crèches, "pour fournir l'occasion aux filles et aux garçons de se sentir plus en confiance, sans l'imposition des carcans de virilité chez les uns et de sentiment d'infériorité chez les autres".

Car les enjeux dépassent la petite enfance: "l'appartenance à un groupe de sexe est ensuite un des premiers facteurs d'inégalité scolaire", note Yoann Mieyaa, chercheur en psychologie, relevant la mauvaise estime de soi des filles. A l'adolescence, "les filles s'en sortent bien mieux que les garçons dans tous les domaines scolaires et pourtant elles sont très défavorisées dans les filières sélectives".

Les chercheurs s'accordent sur le fait que le congé paternité octroyé en France - de 11 jours seulement - est le premier facteur d'inégalité de genre, perçu par l'enfant dès ses premiers mois.

En Suède, le congé paternité est de 60 jours. Dans ce pays, précurseur sur cette thématique, des consignes ministérielles demandent aux crèches de veiller à "neutraliser les stéréotypes sexués traditionnels et les différences sexuées des rôles".

Rédaction avec AFP

 

Réagissez

Pour la tranquillité de tous et afin de favoriser un débat constructif et respectueux, les commentaires sont désormais modérés avant publication.

1. Identifiez-vous



2. Ecrivez et postez votre avis


Tous les propos contraires à la loi sont proscrits et ne seront pas publies. En postant votre avis, vous autorisez la publication de votre contribution sur le site ellico.com.

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article.

Publicité

A lire aussi...

MonterDescendre

Argentine L'armée va devoir inclure un quota de transgenres dans ses rangs

Russie Deux Pussy Riot mises à l'amende pour une action anti-homophobie

Berlin Arrestation d’un homme soupçonné de meurtre sexuel et de cannibalisme

Indonésie Un couple homosexuel risque la flagellation après avoir été dénoncé à la police par des habitants

Thaïlande La communauté LGBTQ dans la rue pour plus d'égalité et de démocratie

Transgenres 350 transgenres assassinés l’année dernière - dont 152 au Brésil

Disparition Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin et résistant homosexuel, est décédé

Mémoires Barack Obama regrette d'avoir traité des gens de pédés dans son adolescence

Pays-Bas Les parlementaires néerlandais veulent interdire aux écoles religieuses de refuser les élèves LGBT

Russie Les députés russes rejettent deux projets de loi homophobe et transphobe

Covid-19 Les organisateurs du concours Eurovision anticipent des mesures liées au coronavirus

Athlétisme / Genre Caster Semenya saisit la Cour Européenne pour contester le règlement sur le taux de testostérone

Nouvelle Zélande Un porteur du Covid-19 menace de contaminer les bars gay d'Auckland

CEDH La Suisse condamnée pour le renvoi d'un homosexuel vers la Gambie

Etats-Unis Le Nevada, 1er Etat américain à entériner le mariage homosexuel dans sa Constitution

Etats-Unis Près de 100.000 plaintes pour abus sexuels déposées contre les Boy Scouts

Brésil Percée de candidats transgenres aux élections municipales

Eglise catholique / Abus sexuels Le Vatican publie un rapport glaçant sur un cardinal prédateur américain

Santé Les générations 1941 à 1955 victimes d'une stagnation de la mortalité, notamment à cause du sida

Haine en ligne Mila de nouveau visée par des menaces de mort après une vidéo critique sur l’islam

Europe L'Union Européenne dévoile un plan contre les discriminations et la haine anti-LGBT

Europe La Norvège criminalise les discours de haine contre les bisexuels et transgenres

Brésil Nouveau dérapage homophobe du président Jair Bolsonaro

Prison Break Wentworth Miller se retire de la série parcequ'il ne veut plus incarner de personnages hétérosexuels

Gabon Deux femmes arrêtées pour avoir simulé un mariage gay

Europe La Hongrie veut cimenter le genre dans la constitution

Belgique Mea culpa d'un parlementaire européen après un commentaire homophobe

Grande-Bretagne Victime d'homophobie, un employé de la défense fait fuiter des documents secrets

Hongrie Le vice-Premier ministre veut une interdiction constitutionnelle de la propagande de genre

Finlande L’armée finlandaise critiquée pour avoir affirmé que l’homosexualité est un obstacle au service militaire

Les précédentes Unes

précédent novembre 2020 suivant
lu ma me je ve sa di
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
Publicité

L'actu en continu

Toute l'actu

Shopping

MASQUE TISSU
16 €
Voir l'offre pour MASQUE TISSU
chez RoB Paris
GEL A L'EAU
9.90 €
Voir l'offre pour GEL A L\'EAU
chez Menstore
POPPERS
15 €
Voir l'offre pour POPPERS
chez RoB Paris
FLESHLIGHT
59.95 €
Voir l'offre pour FLESHLIGHT
chez Menstore
GEL CANNABIS
12 €
Voir l'offre pour GEL CANNABIS
chez RoB Paris
SLIP ADDICTED
24.00 €
Voir l'offre pour SLIP ADDICTED
chez Menstore
POPPERS
15 €
Voir l'offre pour POPPERS
chez RoB Paris
COCKRING
4.50 €
Voir l'offre pour COCKRING
chez Menstore
POMPE
42 €
Voir l'offre pour POMPE
chez RoB Paris
PRESERVATIFS
5.00 €
Voir l'offre pour PRESERVATIFS
chez Menstore
DECONTRACTANT
11.50 €
Voir l'offre pour DECONTRACTANT
chez RoB Paris
LAVEMENT
20.00 €
Voir l'offre pour LAVEMENT
chez Menstore
MAXI SPERM
19.00 €
Voir l'offre pour MAXI SPERM
chez Menstore
SAC DE SPORT
50.00 €
Voir l'offre pour SAC DE SPORT
chez Menstore
CAGOULE
35 €
Voir l'offre pour CAGOULE
chez RoB Paris
GEL EROS
5.50 €
Voir l'offre pour GEL EROS
chez RoB Paris