Le couple concerné ira jusqu'au bout pour faire valoir ses droits - Refus de mariage homosexuel

Refus de mariage homosexuel

Le couple concerné ira jusqu'au bout pour faire valoir ses droits

Jean-Michel et Guy s'aiment depuis seize ans et souhaitaient se marier sans faire de vagues. Face au refus du maire de leur commune basque d'appliquer la loi, ils entendent défendre leur droit jusqu'au-bout, même s'ils se seraient bien passé du battage médiatique.

E-llico.com / Actus

Le couple concerné ira jusqu'au bout pour faire valoir ses droits
Refus de mariage homosexuel

Mis en ligne le 10/06/2013

Tags

Mariage pour tous Arcangues Jean-Michel Colo

Sur le même sujet

Pour le PS, marier les couples du même sexe n'est plus une option, la loi doit s'appliquer
Egalité
Pour le PS, marier les couples du même sexe n'est plus une option, la loi doit s'appliquer
Un maire basque annonce qu'il refusera tout mariage gay
Pyrénées-Atlantiques
Un maire basque annonce qu'il refusera tout mariage gay

"On doit sans doute être le premier couple à essuyer un refus, ou le premier connu des médias tout au moins. Mais même si cela nous dépasse, même si on ne voulait pas passer par là, nous sommes déterminés à nous marier à Arcangues", (Pyrénées-Atlantiques), dit d'un ton posé Jean-Michel Martin, informaticien de 55 ans.

Depuis que le maire Jean-Michel Colo (divers droite), a annoncé à la préfecture qu'il ne célébrera "aucun mariage homosexuel à Arcangues" estimant que la loi sur le mariage pour tous est "illégitime", les médias défilent et ils disent avoir été contraints à faire cet "outing médiatique".

Guy Martineau-Espel, 53 ans, et Jean-Michel Martin, se sont rencontrés à Paris en 1997, un "coup de foudre". Ils ont ensuite vécu à Biarritz puis à Arcangues, village du Pays Basque de 3.000 habitants très proche de la ville où ils ont acheté leur maison.

Fin mai ils ont annoncé leur souhait de mariage au maire.

"Notre but initial était de faire le moins de vagues possible, sans pub ni médias. Pour respecter les convictions du maire, nous lui avons même proposé de le célébrer hors de la salle des mariages et le faire chez nous avec un assesseur mais il a également refusé", raconte Jean-Michel.

Les deux hommes ont tenté de trouver une solution dans un autre village de la communauté de commune, mais seul le lieu de résidence prévaut.

"J'ai aussi le moyen d'aller dans ma mairie de naissance, dans une ville du sud-est, mais la mairie là-bas est de couleur encore plus sombre", dit Jean-Michel sans plus de précisions. Guy Martineau-Espel étant né en Algérie, ils sont aujourd'hui "en train de réunir les pièces nécessaires" pour effectuer la demande officielle.

"On récupère via internet les extraits de naissance. J'ai le mien et attendons celui de Guy", dit Jean-Michel. Les témoins sont également connus, il s'agit de leurs voisins à Arcangues, un village où leur orientation sexuelle est connue et où, dit Jean-Michel, "on apprécie notre discrétion". Selon Guy, le couple a le soutien de "tous les voisins", et ils sont déjà une vingtaine à s'être proposés comme témoins.

"Le maire aura 15 jours pour nous signifier son refus de nous marier et nous pourrons alors saisir le procureur de la République", indique Jean-Michel Martin, soulignant encore que "ce n'est pas nous qui voulons le bras de fer".

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a lui indiqué que "les élus qui ne respecteraient pas les lois de la République risquent des sanction importantes". Et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a rappelé que le "droit au mariage dans la commune du domicile ou de la résidence de l'un des époux, inchangé depuis 1804, ne connaît aucune dérogation".

Comme l'a rappelé la préfecture, un maire peut être condamné pour discrimination en cas de dépôt de plainte et risque "jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende". Il peut également être suspendu en Conseil des ministres, ou révoqué.

Une issue qu'ils ne souhaitent pas, alors qu'ils disent avoir voté pour Jean-Michel Colo, jugeant "qu'il gérait bien la commune".

"On ne veut ni adopter, ni procréer, simplement se protéger l'un-l'autre avec la pension de réversion ou l'héritage de notre bien en cas de décès. On veut simplement un PaCS amélioré car la formule du PaCS ne nous satisfait pas", explique Jean-Michel. "On voulait juste apposer notre signature en bas du document. Dans la discrétion la plus totale", dit Guy, non sans ajouter que le maire leur a quand même un peu "gâché la fête".

(Source AFP)

Retrouvez les archives d'Illico / E-llico.com.

Plus 40.000 articles de la rédaction retraçant la vie de la communauté LGBT dans les domaines politique, sociétal, culturel et sanitaire de 2001 à 2022.

Tapez un mot-clé exprimant votre recherche dans le moteur de recherche ci-dessus.