
Justice
Non-lieu pour une série de meurtres d'homosexuels dans l'est de la France
Nicolas Panard, e septuagénaire mulhousien initialement mis en examen pour plusieurs meurtres d'homosexuels dans l'est de la France, a été mis hors de cause par un juge d'instruction de Montbéliard, qui a rendu une ordonnance de non-lieu.
E-llico.com / Actus
Non-lieu pour une série de meurtres d'homosexuels dans l'est de la France
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Mis en ligne le 21/03/2014
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Cette ordonnance de non-lieu a été rendue jeudi, a précisé à l'AFP la procureure de Montbéliard, Thérèse Brunisso.
Les parties disposent d'un délai de dix jours pour faire appel de cette décision.
Nicolas Panard, un ancien artiste transformiste âgé de 75 ans et domicilié à Mulhouse, avait été initialement mis en examen pour cinq meurtres d'homosexuels commis entre 1980 et 2002 dans le grand est de la France.
Il a toujours farouchement nié les faits pour lesquels il était mis en cause.
Dans son ordonnance, le juge d'instruction estime qu'"il n'y a pas de charges suffisantes, ni même d'indices graves et concordants, permettant de dire que Nicolas Panard ait commis l'un des meurtres précités", a précisé la procureure.
L'information judiciaire n'a pas non plus permis d'identifier d'autres personnes susceptibles d'avoir commis ces meurtres, à l'exception de Slim Fezzani, condamné en juin 1999 pour le meurtre d'Henri Fiegenwald par la cour d'assises de Colmar.
Le juge a suivi les réquisitions du parquet de Montbéliard, qui concluait également à un non-lieu. Dans ses réquisitions, la procureure Thérèse Brunisso faisait également valoir que l'instruction n'avait pas confirmé "l'existence d'un lien entre les six meurtres" d'homosexuels dont le juge d'instruction était saisi.
Fin 2007, Nicolas Panard avait été mis en examen à Montbéliard et placé sous contrôle judiciaire pour cinq de ces meurtres, quatre en Alsace et un en Franche-Comté. En 2008, il avait bénéficié de la mainlevée de son contrôle judiciaire, puis le statut de témoin assisté lui avait été octroyé.
"C'est un cauchemar qui se termine, huit ans après son commencement", a estimé auprès de l'AFP l'avocate de Nicolas Panard, Me Nelly Rouzet. Mais "on ne supprimera pas le fait qu'il a été présenté comme un meurtrier en série, alors qu'il n'y avait rien contre lui", a affirmé l'avocate, soulignant "l'effet désastreux" de sa mise en examen sur la vie familiale et sociale de son client qui habitait "dans une petite localité".
"Il y a des éléments troublants, mais des éléments troublants ne suffisent pas à mettre en cause un homme. Il bénéficie de la règle du doute", a pour sa part fait valoir Me Thierry Moser, l'un des avocats des familles des victimes.
Me Moser s'est dit "déçu pour les victimes: c'est douloureux et frustrant de ne pas avoir de réponse judiciaire et de ne pas savoir qui est l'auteur des meurtres", a-t-il dit. "Si les parties civiles le souhaitent je ferai appel, mais je mesure tous les aléas de cette voie de recours", a-t-il confié.
(Source AFP)